Ce samedi 18 août , Belges et Français étaient à nouveau réunis à Roselies pour célébrer les cérémonies du souvenir du 22août 1914.
Bernadette MAROIT

Nonante-trois ans (quatre-vingt-treize ans pour les amis Français) nous séparent de ce terrible 22août 1914, date de la bataille de la Sambre, une date sombre de l'histoire locale mais aussi de l'Histoire tout court.
Ce jour-là, 6000 jeunes soldats français, principalement issus du 74e Régiment d'Infanterie de Rouen, perdaient la vie sur le sol belge, à Roselies.
Raviver l'amitié franco-belgeCes samedi et dimanche18 et 19août, à Roselies et Le Roux, Belges et Français se sont à nouveau retrouvés pour honorer la mémoire des soldats français tombés sur notre sol pour sauver nos libertés.
Retracer les grands faits de la bataille de la Sambre et s'en souvenir, c'est en même temps raviver l'inaltérable amitié franco-belge scellée dans le sang des soldats qui ont combattu pour défendre nos libertés.
Samedi 18 août, devant le monument dédié à la mémoire du 74e Régiment d'Infanterie français, le bourgmestre Marcel Dargent, accompagné de quelques échevins et conseillers communaux a accueilli les délégations françaises conduites par l'adjointe au maire de Rouen, Brigitte Briere, le comité du Souvenir de Le Roux présidé par le Colonnel en retraite Christian Chabot, le président honoraire du Comité du souvenir Daniel Tilmant, toujours fidèle au poste ainsi que les Mouvements patriotiques des deux pays.
Le besoin du souvenirParmi les invités français se trouvait le Colonel Alain Hennequin, président de l'Association «Mondemente 1914», 1re bataille de la Marne. Le premier aiseau-preslois Marcel Dargent rappelle les événements qui se sont déroulés à Roselies ce 22août 1914. «Nous nous souvenons des douleurs de nos parents et de tous ceux qui ont voulu défendre le pays et sauver nos libertés», dira-t-il.
L'adjointe au maire de Rouen, Brigitte Briere, après avoir retracé l'historique de cette fameuse et meurtrière bataille de la Sambre souligne combien le peuple belge sait se souvenir. «Je vous en remercie vivement», ajoute-t-elle.
Messe du souvenir et cortège solennelÀ l'issue de cet accueil chaleureux, tous se retrouvent en l'église saint Joseph de Roselies pour assister à la messe du souvenir célébrée par le doyen Marc Lecomte qui, dans son homélie parle de l'absurdité et le non-sens des guerres et a lu un écrit d'un soldat français qui raconte l'horreur de leur vie au combat.
Pour accentuer le recueillement, un concert spirituel est donné par la Philharmonie Royale sainte Marie d'Oignies sous la conduite de Dany Steinier.
À l'issue de la célébration, le cortège conduit en musique se rend au monument Abbé Polard, curé de Roselies, fusillé le 23août par les Allemands, ensuite tous se sont recueillis devant le monument aux morts des deux guerres.
La pierre a toujours été porteuse de nos mémoires, qu'elle soit monument, sculpture ou tombeau, elle garde toutes les traces de notre passé heureux ou malheureux. Elle garde les visages, les symboles, préserve les événements en leur assurant une présence.