1. La majorité investit les villages mais ne pourrait-on pas faire plus avec le même argent ?

Raymond Biren, bourgmestre (cdH) : Au même titre que le citadin, le villageois s'attend à ce que la commune réalise quelque chose de qualité, quelque chose de beau. Aussi, c'est vrai, ces rénovations ont un coût, estimé à 2,5 millions d'euros environ par village. En tout, Arlon compte 17 villages et hameaux, ce qui signifie qu'il y a encore du pain sur la planche.
Alors oui, on peut toujours, comme l'affirme le MR, le faire au moindre coût, mais je pense que ce serait une erreur. Autre exemple : nous avons fait en sorte que chaque village ait, dans la mesure du possible, et en fonction de la population en âge scolaire, son école communale. Ce programme est coordonné par l'échevin des travaux, André Balon (cdH) et l'échevin de l'enseignement, Jean-Marie Triffaux (PS). Récemment, nous avons aussi lancé pour deux écoles, celles de Barnich-Sterpenich et celle de Waltzing, un partenariat public-privé. Nous attendons le feu vert ministériel.
André Perpète, premier échevin (PS) : Pour ma part, je réponds : une chose après l'autre. Si nous avons investi, c'est d'abord parce que certains villages en avaient vraiment besoin. Quant aux autres, leur tour viendra. Actuellement, la rénovation de Fouches est en cours, par exemple. Nous ne voulons pas d'une politique de rustines. En son temps, Armand Schanus (NDLR : ancien échevin des travaux et actuel conseiller MR) était le roi du schlamage. Soit, mais ce n'est pas notre façon de procéder. Nous voulons que les aménagements de nos villages répondent aux besoins actuels. Et que la qualité de vie soit partout pareille.
2. Travaux de prestige : nos mandataires gèrent-ils en bons pères de famille ?
Raymond Biren, bourgmestre (cdH) : Ces dernières années, tous les Arlonais sont là pour le constater, nous avons donné un coup de fouet pour changer le visage d'Arlon. Je ne vois pas cela comme des travaux de prestige. Arlon, c'est chaque année de 22 à 25 millions d'euros inscrits au budget extraordinaire. À titre de comparaison, une Ville comme Namur, qui compte 100 000 habitants, n'en prévoit qu'une quinzaine ! Certes, notre majorité, par volonté politique, a alourdi l'endettement, mais c'est aussi en investissant qu'on s'enrichit. Cela dit, il est évident qu'on ne peut indéfiniment soutenir un tel rythme de dépenses.
André Perpète, premier échevin (PS) : J'insiste que toutes les décisions sont collégiales, et non celles de l'un ou l'autre. Il est clair que, continuer à la même cadence que ces dernières années ne serait pas raisonnable, mais plus de travaux sont réalisés, moins il y en a à faire.
Nous serons donc sélectifs pour la suite, en nous fixant des priorités. Pour l'heure, l'extension du home Soir paisible est en cours de réalisation. Suivront d'importants travaux pour le nouvel hôtel de police dans l'ancien immeuble de la Mutualité chrétienne, rue Netzer.
Viendra alors le parking sous le parc Léopold, deux niveaux de 100 places avec sortie près du char. Regardez bien : tout se tient, de l'ancien hôtel du Nord à la rue de l'Esplanade, c'est tout le coeur d'Arlon, à proximité des commerces, qui sera revitalisé. Je rappelle aussi que nous avons acquis l'ancien palais de justice qui a été désamianté et verra ses châssis remplacés à l'identique. Donc, on avance.
3. Outre les grands travaux, il y a des choses à faire pour le citoyen, pas que du "bling-bling" ?
Raymond Biren, bourgmestre (cdH) : Et la revitalisation de l'ancienne caserne Léopold, qu'est-ce que c'est ? Savez-vous qu'elle est fréquentée par 5 000 élèves, dans les domaines les plus variés. La rénovation de l'école de promotion sociale est une réussite ; elle a coûté 2,5 millions. Ces bâtiments abritent aussi l'Académie des Beaux-Arts, qui est unique dans la province, mais compte des antennes dans plusieurs communes. J'ajoute, au même endroit, un espace numérique accessible à tous.
Et nos crèches, nos haltes-garderies, ne sont-ce pas là des services appréciés ? Je pense que nous assumons pleinement notre rôle de chef-lieu. Alors du prestige, « une majorité bling-bling », comme le dit le MR, certainement pas !
André Perpète, premier échevin (PS) : Je rejoins le bourgmestre. Investir sur Arlon, ce n'est pas investir pour les seuls citadins, mais pour tous les Arlonais, qu'il s'agisse d'enseignement, de sport, de services. Je reviens au home Soir paisible. Lorsque le ministre Magnette a débloqué les subventions, tout le monde, y compris l'opposition, s'est réjoui de voir un dossier qui stagnait depuis trop longtemps.
Je voudrais aussi dire un mot de notre abri de nuit, qui ouvre ses portes à la mauvaise saison. Là aussi, avec le soutien de bénévoles, la Ville d'Arlon apporte son soutien aux personnes en difficultté. Et le Resto du coeur ?
Sur le plan du logement social, l'immeuble Hanin-Gilles, rue Gramme, que nous gérons en collaboration avec les Habitations du Sud-Luxembourg, ouvrira prochainement. Un premier bloc est aussi prêt au Galgenberg et je ne parle pas du Waschbour. Alors, « bling-bling », j'en doute.