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VIELSALM GRAND-HALLEUX

Moins de 10 % des gens ont une alarme antivol

Benoît Bruyère est électricien depuis 20 ans. Il installe aussi des alarmes antivol. « À peine 10 % des gens sont protégés », dit-il.

Interview : Philippe CARROZZA
L'Avenir Luxembourg

Benoît Bruyère, les électriciens dont vous êtes sentent-ils la crise ?Oui. Les architectes transmettent moins de dossiers. Il y a moins de demandes de permis de bâtir. En ce qui me concerne, j'ai 50 % de chantiers en moins. Du coup, en ce qui me concerne, je prends tous les travaux. Le beau comme le laid, comme on dit. Fort heureusement, je n'ai plus d'ouvriers. J'en ai eu jusqu'à trois. S'ils étaient encore là, je ne sais pas comment je pourrais les occuper.

Comment votre métier a-t-il évolué ?Maintenant, on nous sollicite pour de nouveaux types d'éclairage, de la domotique, de la programmation, etc. Autre changement de taille : la sécurité. Je place aussi des systèmes de détection incendie ou contre le vol. On parle également beaucoup de photovoltaïque. Pour ma part, je n'en installe pas. Je ne crois guère à cette source d'énergie. Je crois davantage à l'éolien .

Vous parlez de systèmes antivol. C'est une part importante de votre chiffre d'affaires ?Cela dépend. C'est cyclique. Les gens prennent peur avant les congés d'été et en fin d'année. Ce sont des moments privilégiés par les voleurs. J'en ai placé par exemple cinq en deux mois. Depuis lors, plus rien.

C'est efficace ?En 10 à 15 ans les performances techniques ont bien évolué. En antivol, il existe des systèmes de détection de chaleur ou de battements d'air ou encore des détecteurs volumétriques. Chaque maison est un cas particulier. Je me déplace chez le client et on fait le tour de la maison. S'il y a beaucoup de fenêtres, les points faibles des habitations, je place du volumétrique, soit par câblage, soit par radio fréquence. Si c'est efficace ? Oui. Les voleurs dans les maisons unifamiliales ne parviennent pas à les neutraliser.

Quel est le profil des gens qui font installer ce type d'alarme ?Ce sont des jeunes ménages. La plupart de ces jeunes ont connu ces alarmes chez leurs parents. Ils se sentent en sécurité. En général, moins de 10 % de la population en sont équipés. C'est dommage. Ici à Grand-Halleux sur les 300 à 400 maisons du village, il n'y en a pas 40 qui en sont équipées.

Pourquoi ?Parce que les gens croient qu'en Ardenne on est à l'abri. Que les voleurs ne s'attaquent qu'aux grandes villes. C'est faux. En général, les clients qui m'appellent sont ceux qui ont été victimes d'un vol dans leur habitation ou qui connaissent un voisin qui en a été victime.

C'est cher ?Pour une bonne installation, il faut compter environ 3 000 euros. L'État rembourse 50 % du montant de la facture avec un plafond de 690 € de ce remboursement. Puis, il y a une TVA ramenée à 6 % si le bâtiment protégé a au moins 5 ans. Certaines compagnies d'assurances donne aussi des primes. Il faut se renseigner.

C'est contraignant ?Non. Un seul entretien par an. On peut soit raccorder les alarmes à une centrale d'appels privée, soit à son propre GSM soit au GSM d'un proche.

Manque-t-on de bras dans votre profession ?Non. Je crois plutôt que c'est très compliqué de trouver de bons ouvriers. C'est quasi impossible de les laisser seuls sur chantiers. C'est pareil pour mes collègues. On ne manque pas de boulot. À Vielsalm, nous sommes environ six à faire des installations électriques. Grosso modo, je fais environ 70 heures par semaine. C'est beaucoup, mais je ne le regrette pas. J'ai été ouvrier pendant 10 ans avant de me mettre à mon compte voici 12 ans. J'avais déjà un registre de commerce.

Comment expliquez-vous qu'on ne trouve pas de personnel de qualité ?Il y a, je crois, un problème de formation. Jusqu'il y a peu, j'allais faire un tour dans les écoles au mois de juin pour repérer de bons éléments. J'étais frappé de voir au mur les mêmes panneaux didactiques que j'avais connus voici plus de 20 ans ! Le métier a évolué. Pas la formation. Il faudrait que les jeunes aillent plus en stage.


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