Les supputations sur un éventuel successeur de Herman Van Rompuy comme Premier ministre vont bon train. Seule certitude: ce ne sera pas un francophone.
Phi. Le.
Aussi longtemps que la nomination éventuelle de Herman Van Rompuy au poste de président du Conseil européen n'est pas officielle, il n'est tout aussi officiellement pas question de sa succession au 16 de la rue de la Loi.
Mais qu'on ne s'y trompe pas : le sujet met en ébullition les différents partis politiques, à commencer par les libéraux qui, comme ils l'ont déjà fait lors des diverses démissions d'Yves Leterme, ont rappelé, sans avoir l'air d'y toucher, que leur famille est la plus importante de la majorité, depuis que le CD &V et la N-VA ont divorcé. Didier Reynders referait donc acte de candidature au 16? Absolument pas ! D'abord parce qu'il devrait ipso facto abandonner la présidence du MR : inimaginable dans le contexte actuel ! Et puis, si les chances d'un francophone de devenir Premier ministre sont, depuis trois décennies, nulles ou quasi, elles sont, aujourd'hui, inexistantes : le gouvernement actuel ne dispose pas de majorité dans le groupe linguistique flamand de la Chambre. Les partis flamands qui accepteraient, en sus, de concéder le poste de chef de cordée seraient «carbonisés » au nord du pays.
Le CD &V prépare donc la succession. Même si sa présidente, Marianne Thyssen, qui connaît bien le microcosme européen, l'a démenti hier. «Le fait que le nom d'Herman Van Rompuy circule est un honneur pour le parti, pour le pays et pour lui-même. Mais tant qu'il n'y a pas d'offre précise, il n'y a pas lieu d'en parler» a-t-elle posé. Les démocrates-chrétiens flamands craignent l'eau froide : personne, chez eux, n'a oublié la mauvaise expérience de Jean- Luc Dehaene qui, parti favori pour présider la Commission lors du Sommet de Corfou en 1994 a échoué face au veto britannique. Mais si, selon sa présidente, il n'a pas été question du remplacement du Premier ministre, le CD &V n'en a pas moins resserré les rangs autour d'Yves Leterme qui, le cas échéant «s'imposera comme le choix logique à la succession» de Herman Van Rompuy, a indiqué hier le chef de groupe CD &V au Parlement flamand, Carl Decaluwé.
Et que les francophones émettent certaines réticences à l'égard du plus yprois des supporters du Standard n'y change rien : « certains tentent de nous assassiner politiquement, et ce n'est pas très convenable. C'est aux hommes politiques qu'il revient de gagner la confiance de leurs pairs », a conclu M. Decaluwé. À part cela, bien sûr, on n'a pas parlé de la succession de Herman Van Rompuy, au bureau de son parti !
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