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CHARLEROI

Le futur visage de la Ville -Basse... sans les colonnades

La métamorphose de la Ville-Basse se dessine. Nouveauté : un piétonnier entre la place Albert I er et le boulevard Tirou condamnera les « colonnades ».

Benoît WATTIER
Vers l'Avenir Basse-Sambre

Jean -Jacques Viseur, le bourgmestre de Charleroi, ne le cache pas : cette option risque de faire polémique. Les galeries commerçantes communément appelées « colonnades », érigées au début des années 50 entre le boulevard Tirou et la place Albert Ier, devraient disparaître du paysage du centre-ville.

Ce modeste élément du patrimoine carolo dû à l'architecte Joseph André, devrait être sacrifié pour permettre un accomplissement abouti du projet de réaménagement de la place Albert Ier, pierre angulaire du projet « Rive gauche » de Robelco-Engelstein, choisi pour redynamiser toute la Ville-Basse.

Il s'agit, sans aucun doute, de la nouveauté la plus marquante dans l'évolution du dossier relatif à ce projet immobilier et commercial, sélectionné il y a un an déjà par le collège communal. Un laps de temps mis à profit par la majorité pour peaufiner le projet, en négocier les divers et parfois délicats aspects. Dont les fameuses colonnades.

L'idée a été mûrement réfléchie, indique Rudy Ricciotti, architecte français aux multiples références prestigieuses qui collabore avec le promoteur de Rive gauche. Le problème, c'est que ces galeries qui referment la place de la Ville-Basse produisent un effet de barrière dans le cheminement qui conduit au boulevard Tirou et, ensuite, vers le haut de la ville.

L'idée des promoteurs, suivis par la Ville, est de refaire de la place Albert Ier le lieu d'animations, le centre d'agglomération qu'elle a longtemps été auparavant. Cela passera par un piétonnier qui, idéalement, engloberait la portion du boulevard Tirou contiguë à la place sur sa longueur. Sans qu'aucun obstacle ne s'élève entre les deux.

Opération neutre

Les défenseurs de cet aspect du projet ne voient guère de répercussions fâcheuses. Comme on le lira ci-dessous, tout sera fait pour limiter l'impact pour les commerçants concernés. La nouveauté ne devrait pas non plus avoir de conséquences sur l'ensemble du projet Rive gauche, ni sur le timing, ni en termes financiers. « On prend en charge le surcoût, et on améliore notre projet. C'est du win-win », explique Raphaël Pollet.

Le développeur met en évidence l'économie qui sera faite sur la construction des 600 places de parking sous la place : l'augmentation de la surface ne nécessitera plus que deux niveaux au lieu de quatre. D'autre part, le promoteur pourra exploiter 4 000 m2 de surface commerciale... qui ne s'ajouteront pas aux 25 000 m2 autorisés puisque ces 4 000 m2 ne seront qu'un transfert de surface.

Reste que cette option devra être étudiée en profondeur quant à son impact sur la mobilité. Comme il s'agit de rendre toute la zone piétonnière, le boulevard Tirou serait coupé en deux, le trafic de transit étant pratiquement exclu. L'essentiel du trafic serait constitué par les flux de véhicules accédant au parking ou le quittant, côté ouest. « Mais tout est envisageable précise Raphaël Pollet : un accès de l'autre côté, l'accessibilité du piétonnier aux transports en commun. Une étude de mobilité indépendante sera effectuée », promet le gestionnaire du projet. Qui avoue même avoir intégré au projet la possibilité de tracer une double voie de métro sur le boulevard, au cas où...


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