Fredo, qui prêtait de l'argent avec un haut taux d'intérêt, est poursuivi pour plusieurs détournements.

Frédér ic, dit « Fredo » de Jumet, possède un faciès digne d'un second rôle des « Tontons flingueurs ». Et son franc-parler, qui tranche une conversation comme un couteau une gorge, contribue à faire de lui un personnage redouté, voire redoutable. L'intéressé, qui comparaissait hier devant le tribunal correctionnel de Charleroi pour menaces, délit d'usure, détournements, abus de confiance et association de malfaiteurs, ne le cache pas : depuis 1996, il est de notoriété publique qu'il prête de l'argent aux interdits bancaires en empochant un intérêt certain. « Il pratiquait des taux exorbitants d'environ 15 % mensuels, a lancé la substitut Cheront. Lorsque ses débiteurs ne savaient pas payer, il n'hésitait pas à les menacer, y compris depuis la prison. Tout le monde savait qu'il se promenait avec une arme. » Selon le Parquet, Frédéric a profité de son emprise sur deux de ses clients pour les mêler à un mécanisme de détournements. L'un d'eux, prénommé Pascal, se présentait ainsi dans des firmes de location et louait du matériel sans jamais le rendre. Les préjudices sont importants : on parle de 3 000, 4 000 et... 22 000 €.
Visiblement intimidé par la présence de son « ami » Fredo, Pascal a tergiversé sur ses déclarations, faisant sortir le juge de ses gonds. Pour le Parquet, Frédéric et Pascal font partie d'une association de malfaiteurs. Vu leurs casiers respectifs, ils n'ont plus droit au sursis. « Ce n'est pourtant pas l'Al Capone de Jumet, a clamé Me Mathieu, en parlant de Frédéric. Ok, il a joué l'usurier, mais peu de ses clients se sont plaints de menaces. Certains sont même reconnaissants. » L'avocat a finalement sollicité une peine de travail, estimant que le prévenu n'était pas au courant des locations frauduleuses même s'il a bénéficié du matériel pour sa discothèque de Marcinelle. Me Gras a demandé pareille mesure pour Pascal, « un endetté pris dans l'engrenage, redevable à Frédéric » .F. D.