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NAMUR

Assises de Namur: l'accusé reconnaît sa culpabilité

La cour d'assises de Namur a entamé lundi la première journée du procès de Jean-Pierre Honnay, accusé d'avoir tué de 19 coups de couteau son rival amoureux, Jean Van Goethem, le 8 octobre 2007.


Belga

La session d'assises a commencé par l'interrogatoire de l'accusé ainsi que l'audition de neuf témoins en charge de l'enquête. Celle-ci a permis de vérifier la véracité des propos tenus par l'accusé. Il a déclaré avoir porté un nombre indéterminé de coups de couteau à Jean Van Goethem.

L'enquête a démontré que 19 coups avaient été portés. "J'ai eu un déclic, un trou noir et je suis devenu une bête. Je ne sais pas expliquer pourquoi je suis allé chercher un couteau", a indiqué l'accusé.

Le 23 août 2007, Jean-Pierre Honnay a appris la relation existant entre Anne-Catherine Hubert, son ex-épouse, et Jean Van Goethem. "Je suis allé trouver Jean pour demander une explication. Une altercation a eu lieu et Jean a exhibé un fusil de chasse", a précisé l'accusé.

Anne-Catherine avait rencontré Jean Van Goethem plus tôt dans l'année, lorsqu'elle était encore avec Jean-Pierre Honnay. Le couple voulait accueillir un dogue allemand et avait contacté Geneviève Van Goethem, la fille de Jean.

Durant la nuit du 21 au 22 septembre, Jean-Pierre Honnay adressera par ailleurs 126 appels à Jean Van Goethem.

Un jugement du tribunal des référés, accordant l'hébergement alterné des deux fillettes à leurs parents, ordonnait à l'accusé de quitter l'habitation commune le 19 octobre, mais ce dernier souhaitait pouvoir continuer à y vivre moyennant le paiement d'un loyer de 725 euros, versé à Anne-Catherine.

"Un accord de principe avait été conclu avec elle", a-t-il expliqué. Mais le 3 octobre, l'accusé reçoit un courrier selon lequel il doit quand même quitter la maison. Le jour des faits, le 8 octobre, il a appelé Anne-Catherine Hubert à deux reprises pour lui parler de la maison.

Lui demandant si elle avait la voiture de Jean Van Goethem, Anne-Catherine a répondu par la négative. Sur le chemin de son domicile, il l'a toutefois croisée au volant du véhicule de Jean. Il lui a fait des appels de phares pour discuter avec elle, l'obligeant à s'arrêter.

La discussion avec son ex-épouse était animée: il lui a demandé qu'elle revienne avec lui et lui a parlé de la maison. C'est là qu'elle a commencé à crier. Il a alors décidé de se rendre chez Jean pour en parler avec lui. Anne-Catherine a suivi Jean-Pierre Honnay.

Selon l'accusé, quand il a vu arriver Anne-Catherine, il lui a une nouvelle fois demandé de revenir et c'est à ce moment que Jean est sorti de son habitation et lui a dit "je vais te faire la fête ou la peau". L'accusé a eu un déclic et l'a poignardé de nombreux coups de couteau.

La Cour est présidée par Tamara Konsek, conseiller près la cour d'appel de Liège. Les assesseurs sont Christian Panier et Emmanuelle Diskeuve, juges de première instance à Namur. La défense de Jean-Pierre Honnay est assurée par Jean-Philippe Mayence, avocat au Barreau de Charleroi.

Les avocats de la partie civile sont Jocelyne Hordies et Marie Sanzot, avocates au Barreau de Charleroi ainsi que de Thibault Maudoux, avocat au Barreau de Namur.

Ludivine Kerzmann, substitute du procureur du Roi de Namur, représente le ministère public.


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