Le Centre nucléaire de production d'électricité de Chooz a dressé le bila n 2009 de ses activités. La centrale a fourni 4,5 % de la production française.
Jean-Luc HENRARD

Chaque année, à pareille époque, les responsables de la centrale de Chooz ont pris l'habitude d'établir le tableau complet des activités pour l'année écoulée. L'occasion de dresser un « bilan de santé » de ce Centre Nucléaire de production d'électricité qui emploie près de 740 personnes.
Côté production, les deux réacteurs (Chooz B1 et B2) ont fourni 16,42 milliards de kilowatts heure aux clients. En 2008, année du record de production annuelle de Chooz, le site avait produit 23,44 milliards de kilowatts heure.
Cette moindre production s'explique par la réalisation, en 2009, de deux longs arrêts pour maintenance, dont la première visite décennale sur l'unité de production n° 2. C'est d'ailleurs la première visite décennale du palier N4 (le nouveau type de réacteurs de 1 450 MW), composé des quatre unités de Chooz et Civaux (Vienne).
10 400 mesures en laboL'Autorité de sûreté nucléaire a donné son autorisation d'exploitation pour 10 années supplémentaires. Sur l'unité de production n° 1, un arrêt programmé a été réalisé début 2009 pour renouveler une partie du combustible et réaliser également d'importantes opérations de maintenance. Malgré cette performance moindre, on peut néanmoins noter que la production de Chooz pour 2009 représente plus de deux fois la consommation électrique annuelle de la région Champagne-Ardenne et près de 4,5 % de la production française.
Après avoir relevé la baisse du taux de fréquence des accidents de travail sur le site depuis 2007, les autorités du CPEN aiment à répéter que la « surveillance de l'environnement est une préoccupation permanente » . Tout au long de l'année, 10 400 mesures en laboratoire ont été réalisées en continu et selon les types de contrôle (poussières atmosphériques, radioactivité ambiante, eau, lait, herbe...). Toutes ces mesures sont contrôlées par les pouvoirs publics qui réalisent eux-mêmes des analyses.
Toujours selon le CPEN, « les bons résultats en radioprotection se sont maintenus en 2009 ». La dosimétrie collective (la somme des doses individuelles reçues par tous les intervenants sur les installations durant une période donnée) se situe parmi les meilleurs, dans les réacteurs nucléaires de conception comparable dans le monde. « Et ce malgré deux arrêts importants pour réaliser des opérations de maintenance cette année », ajoute-t-on à Chooz. Les indicateurs de propreté radiologique sont à un bon niveau.
Garder une centrale « neuve »Dans un autre domaine, le site a obtenu un niveau « satisfaisant » fin 2008, à la suite de nombreux travaux, dans un classement d'EDF pour évaluer l'état général des installations de chaque site (classement issu du référentiel international). Le principe, pour chaque centrale, est de conserver, en permanence, un bon niveau de propreté et d'état global des installations.
Le site vise l'obtention du niveau « bon » pour fin 2010. Pour cela, plus de 4 millions d'€ ont permis de réaliser des travaux importants en 2009, comme le nettoyage du béton extérieur des bâtiments réacteur, la construction d'un nouveau bâtiment dédié aux arrêts de tranche, les remises en peinture complètes de la salle des machines, de la zone contrôlée de la tranche 2 et des réservoirs extérieurs. L'ambition de Chooz : garder une centrale « toujours neuve » pendant 40 ans et même au-delà.